Session 14, préparation: Pourquoi inviter Richard Kearney ?

Session 14, préparation: Pourquoi inviter Richard Kearney ?

 

  • Parce qu’un membre du comité de préparation a lu son livre « Dieu est mort, vive Dieu »

 

  •  Parce qu’après lecture par plusieurs membres, il est apparu que c’était un livre qui peut intéresser aussi bien les pasteurs que les laïcs, les amateurs et les spécialistes.

  • }Parce que ce livre traite de plusieurs questions que nous avons déjà rencontrées lors des sessions : la foi aujourd’hui, la question philosophique de Dieu, le rapport à la culture, la spiritualité,  les différentes religions…

  • Parce que l’auteur est à la fois étranger (Irlandais et travaillant sur le Nouveau Continent) et qu’il parle français.

  •  Parce qu’on n’avait encore jamais travaillé sur un livre en présence de son auteur.

  • Parce que vous aussi êtes invité à nous rejoindre !

 

 Vous pouvez approchez l'auteur au travers de ces liens :

 

 http://www.culture-et-foi.com/coupsdecoeur/livres/richard_kearney.htm

 

 

http://www.revue-etudes.com/Notes_de_lectures/Dieu_au-dela_du_theisme_et_de_l_atheisme/7508/14362

 

 

Dieu est mort, vive Dieu / Richard Kearney

 

EXTRAIT

La question de Dieu revient aujourd’hui avec une urgence renouvelée. On entend  beaucoup parler du « retour du religieux » sur la scène politique du monde contemporain. On  ne peut qu’être frappé, actuellement, par la fréquence des débats sur la relation entre le  séculier et le sacré. Des flots d’encre coulent sur le « tournant religieux » dans la philosophie  européenne ou, à l’inverse, sur le « tournant antireligieux » pris par une nouvelle vague de  sécularisme critique (Daniel Dennett, Richard Dawkins, Christopher Hitchens). Contrairement  à ce que d’aucuns attendaient, avec les Lumières et, ensuite, avec les assertions de Nietzsche, de Marx et de Freud sur la mort de Dieu, les disputes essentielles sur le théisme et l’athéisme n’ont pas disparu. La question de Dieu, qui ne cesse de revenir et de s’imposer, nous oblige à nous demander ce que nous voulons dire quand nous parlons de Dieu. Une divinité de la causalité toute-puissante ou du service aux autres passant par l’exhaustion de soi ? Un monarque puissant ou un étranger plein de sollicitude ? Un Dieu sans religion ou une religion sans Dieu ? Un fauteur de guerre ou un artisan de paix ?

 

[…]

 

[J’avais la] certitude qu’il était possible de puiser dans l’engagement spirituel un des antidotes les plus efficaces contre la perversion de la religion. Ainsi, j’ai beau m’être révolté comme il se doit à un âge précoce contre les autorités ecclésiastiques de mon pays et avoir catégoriquement rejeté le Dieu du Triomphe, je n’ai jamais cessé de nourrir une fascination profonde pour les questions spirituelles et une admiration persistante pour ceux des artisans de paix qui avaient un engagement religieux. Donc, quand les hasards de l’existence m’ont amené à vivre dans une société radicalement sécularisée comme la France – où règne le principe de laïcité –, je me suis surpris à opérer un retour vers la question de Dieu. Et c’est après avoir rencontré Jean Vanier à Compiègne en 1978 que je me suis demandé s’il était possible de revenir à Dieu après l’avoir quitté. Et si oui, de quelle sorte de Dieu s’agissait-il ? Cette question a continué de me hanter pendant mes années de doctorat avec Paul Ricœur et Emmanuel Levinas à Paris.[…]

 

J’espère [que ce volume] organise en un tissu cohérent ces réflexions qui interrogent la quête renouvelée d’un Dieu après Dieu, et cela pour répondre à un besoin qui est, me semble-t-il, toujours plus pressant dans notre époque « postmoderne » où les dogmes antagoniques de sécularisme et d’absolutisme font peser une menace sur le dialogue. J’aime à me représenter ce livre comme une petite agora intellectuelle où les théistes et les athées pourraient engager un débat raisonnable, mais sans faiblesse, sur la base de la reconnaissance qu’il peut exister ce que j’appelle un espace anathéiste où la décision libre de croire ou de ne pas croire est non seulement tolérée, mais chérie. Si l’anathéisme dessine la possibilité de Dieu après Dieu, c’est parce qu’il permet l’hypothèse inverse, à savoir son impossibilité.[…]

 

Mais mon propos n’est pas de décrire l’anathéisme comme une dialectique historique nécessaire – une tentation prétentieuse – mais d’indiquer comment certains esprits hardis du XXe siècle ont répondu aux questions spirituelles de notre temps: c’est-à-dire, comment parler du sacré après la disparition de Dieu ?